Archive for August, 2009

La Corée a une reine : elle s’appelle Kim Yu-na

3393404787_17997d7986Le Pays du Matin Calme en est complètement gaga. Pas une semaine ne passe sans qu’un article n’ausculte à la loupe ses moindres faits et gestes. Il faut dire que Queen Yu-na a tout pour elle : jeunesse, beauté et une virtuosité sans égal sur la glace. La sylphide coréenne est en effet l’actuelle championne du monde de patinage artistique, un titre conquis de la plus brillante des manières au Staples Center de LA en mars dernier. SP ne pouvait décemment pas ignorer ce phénomène plus longtemps.

De toute évidence, le mot précoce a été inventé pour elle. A l’âge de 12 ans ( ?!), Yu-na rafle son premier titre national en senior. S’ensuit une progression régulière avec notamment deux victoires aux Finales du Grand Prix ISU. Son récent sacre mondial confirme tout simplement une ascension irrésistible et programmée; en gros, il y a désormais elle et les autres. Lors de la compétition, Kim a  littéralement atomisé la concurrence, s’offrant même le luxe de dépasser les 200 pts pour la première fois de l’Histoire.

La grâce sous pression

Une guerrière qui ne fait pas dans son tutu

Certes, c’est une surdouée, certes elle peut compter sur la dévotion quasi-obsessionnelle de sa mère, mais ça n’explique pas tout. Kim Yu-na réussit surtout grâce à un mental en béton armé, fruit d’un entraînement spartiate, de sacrifices quotidiens et d’une pression de tous les instants. Quand l’avenir familial dépend de vos performances dès votre plus jeune âge, que votre pays vous demande sans cesse de faire honneur à la patrie, il vaut mieux avoir les épaules solides et le trouillomètre sous contrôle. Question force de caractère, la native de Bucheon n’a de leçon à recevoir de personne. Les blessures ne l’ont en effet guère épargnée depuis ses débuts : genoux, hanches et dos ont morflé à tour de rôle. Ainsi en 2007, c’est une Yu-na diminuée par un début d’hernie discale qui se présente aux Mondiaux de Tokyo. L’affaire semble bien mal engagée mais notre dure à cuire serre les dents et parvient à décrocher le bronze en dépit de la douleur. Qu’on ne s’y trompe pas, derrière ce joli minois se cache une sacrée battante !

L’or olympique et la menace japonaise

Il ne manque plus qu’un titre olympique pour que Kim Yu-na rejoigne Katarina Witt et Michelle Kwang dans la galaxie des légendes du patinage. Les hasards du calendrier peuvent être remerciés puisque les JO d’hiver ont justement lieu dans 6 mois à Vancouver (1). Ce serait néanmoins une grossière erreur de croire que les dés sont déjà jetés. Depuis les juniors, Kim croise régulièrement le fer avec une talentueuse patineuse nippone, j’ai nommé Mao Asada. Celle-ci s’est vautrée lors des derniers Mondiaux mais elle prépare assidûment sa revanche avec la couronne de lauriers en ligne de mire. Kim vs Asada, c’est à nouveau la rivalité Corée/Japon qui est à l’honneur. Yu-na en est pleinement consciente, confiant après sa victoire à LA : « Les Coréens et les Japonais sont blessés dans leur fierté quand ils perdent contre le camp adverse. C’est un fardeau d’être toujours comparée aux athlètes japonaises. Mais je savais que je devais gagner cette compétition, surtout après la défaite de l’équipe de baseball quelques jours plus tôt. » (2). Dieu merci, les deux jeunes patineuses prennent bien soin de ne pas mettre le feu aux poudres, ce qui devrait nous éviter un scandale aussi sordide que l’affaire Tonya Harding.

Pour le moment, Kim peaufine ses nouveaux programmes sur les musiques de James Bond et de Gershwin pendant qu’ Asada travaille l’enchaînement triple axel-triple boucle piqué. Le compte à rebours a commencé : J-178. Un petit conseil, préparez réveil et café serré dans la nuit du 23 au 24 février : un choc de géantes vous attend sur le petit écran.

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Et en plus, elle chante!

(1) Peut-être un signe du destin. Yu-na s’entraîne en effet au Canada, à Toronto plus précisément, sous la férule de l’ancien champion du monde de patinage artistique Brian Orser.

(2) La Corée venait de se faire étriller par le Japon en finale du World Baseball Classic.



Yang Yong-eun s’offre le scalp de Tiger Woods

Non mais pincez-moi, je rêve! Oubliez les 9″58 d’Usain Bolt, ce qui s’est passé hier à Chaska, Minnesota, relève bien davantage du miracle. Le golfeur sud-coréen Yang Yong-eun, 110ème joueur mondial, a en effet remporté l’ USPGA au nez et à la barbe de l’ogre Tiger, privant ce dernier d’un 15ème titre du Grand Chelem. Sans doute vexé par le récent billet de SP tout entier consacré à ses compatriotes féminines, Yang a manifestement voulu frapper les esprits. Mission accomplie avec ce triomphe venu d’ailleurs qui en fait le premier golfeur asiatique à s’imposer dans un Majeur.

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Yang Yong-eun entre dans l’Histoire

Comment pouvait-on le deviner? 37 printemps au compteur, un seul titre sur le PGA Tour (le Honda Classic), il y a plus convaincant comme profil de terreur. D’autant plus que le natif de l’île de Jeju ne s’est mis au golf qu’à 19 ans, un âge canonique pour une discipline aussi technique. Adolescent, YE voulait être bodybuilder mais une vilaine blessure au genou l’a empêché d’assouvir ses rêves de gros muscles. Son éducation golfique s’est fait en solitaire, essentiellement à l’aide de cassettes vidéos. Qu’un autodidacte formé sur le tard parvienne à terrasser la légende des greens dans un Majeur, ça vous donne subitement envie de croire à Rocky et à Cendrillon, non?

Un chip de malade au 14ème trou fait basculer le duel

En Corée du sud, ils sont nombreux à s’être levé à 4 am, heure locale, pour soutenir l’enfant du pays dans son face-à-face final. Le président Lee Myung-bak himself n’a rien manqué de l’évènement. Autant dire que pour notre héros du jour, rien ne sera plus jamais comme avant. En apesanteur après sa victoire il déclarait vouloir inspirer les nouvelles générations de golfeurs coréens. Qui sait? Peut-être que c’est bien lui, Yang Yong-eun, le bodybuilder raté, l’ancien serveur dans une boite de nuit, qui sera l’alter ego masculin de Pak Se-ri.

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Nouvelle Star à la sauce coréenne

Décidément, Pop Idol n’en finit pas d’essaimer. Du Sri-Lanka au Kazakhstan, le célèbre télé-crochet britannique a été adapté avec bonheur dans un nombre impressionnant de pays. En France, tout le monde connaît Nouvelle Star, l’émission phare de M6 qui nous tient en haleine 4 mois sur 12 grâce aux prestations ébouriffantes de ses candidats et à la pertinence de son prestigieux jury. Il ne manquait plus que la Corée pour que le concept mérite pleinement le qualificatif d’international. C’est chose faite avec Superstar K, un show lancé le 24 juillet dernier par la chaine musicale câblée Mnet.  Pas moins de  70 000 candidats motivés comme jamais se sont bousculés aux auditions organisées dans les principales villes coréennes. Autant dire que la mayonnaise a pris, et pas qu’un peu.

Afin de garantir à l’émission une couverture médiatique digne de ce nom, les membres du jury ont été soigneusement choisis : Lee Hyori, In Sooni et Lee Seung-chul font ainsi partie de l’aventure. A titre personnel, je suis particulièrement attentif aux interventions de l’affriolante Hyori dont les attributs retouchés ont notamment contribué à populariser le bronzage au Pays du Matin Calme.

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Hyori aiguise l’appétit

Les premiers épisodes frappent fort, très fort  : cris de détresse, sanglots en cascade, sauts de cabri et bonheur orgasmique nous emportent dans un tourbillon d’émotions qui frisent l’hystérie. Les candidats ne font pas dans la pose, ils donnent tout, Korean way, et ça se voit. En outre, contrairement à la version française, il n’y a pas de limite d’âge. Les prétendants au titre vont donc de Papy Mougeot à Je suce encore mon pouce, ce qui donne à l’ensemble un côté bon enfant et franchement sympathique.

Préparez vos mouchoirs

Le vainqueur de Superstar K touchera la coquette somme de 100 millions de won (environ 56 000 euros) et fera ses débuts musicaux sous la houlette de Mnet Media Management Company. SP ne manquera pas de vous tenir informé du dénouement qui promet d’être épicé, vu la frénésie du démarrage. En attendant de connaître l’identité de la prochaine idole coréenne, rien ne vous empêche d’aller faire un tour sur You Tube, histoire de constater par vous-même la ferveur qui habite l’émission.

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Les golfeuses coréennes cassent la baraque

spaceball3616019949_520ff76c0cElles déboulent toujours en nombre, gagnent très (trop ?) souvent et sont aussi expressives que des parcmètres : bref elles commencent sérieusement à irriter les dirigeants de la Ladies Professional Golf Association (LPGA) qui se demandent bien comment ils vont pouvoir juguler ce nouveau péril jaune. C’est vrai qu’elles ont tendance à se goinfrer, les kimchi girls. Sur les 18 tournois joués cette année, l’armada coréenne compte déjà 6 victoires dont un Majeur, l’US Open, raflé par Ji Eun-hee. Si l’on ajoute les places d’honneur trustées dans la plupart des compétitions, il n’est pas outrancier de parler d’hégémonie. Une hégémonie sans doute née avec l’éclosion d’une jeune joueuse à la fin des années quatre-vingt-dix.

Pak Se-ri ouvre la voie

Tout le monde le sait, le succès appelle le succès. Rien de tel qu’un(e) champion(ne) national(e) pour entraîner dans son sillage de jeunes pousses aux dents longues. La figure de proue du golf féminin en Corée s’appelle Pak Se-ri. Cette dernière débarque sur le LPGA Tour en 1998 à tout juste 20 ans; pas de période d’adaptation pour la rookie coréenne qui défouraille aussi sec : deux Majeurs dans la musette en l’espace de quelques mois, qui dit mieux ? Après ce départ tonitruant, Pak poursuit sur sa lancée et enchaîne les victoires avec une régularité de métronome. La lassitude et les blessures l’écartent du circuit en 2005 mais c’est regonflée à bloc qu’elle revient l’année suivante pour s’adjuger le LPGA Championship, son dernier Majeur à ce jour. Plus jeune joueuse à avoir été intronisée au World Golf Hall of Fame, Pak est une véritable pionnière en son domaine. Sa réussite convainc rapidement ses compatriotes de venir tenter leur chance sur le circuit américain et lui confère par ailleurs le statut de role model auprès des nouvelles générations. Une bien belle histoire certes, qui n’explique cependant pas le succès des golfeuses du Matin Calme. « Mais bon sang, comment font-elles pour être aussi balèzes ? » vous demandez-vous à juste titre. SP vous livre les fruits de son enquête.

La recette coréenne

Selon le célèbre scientifique Hwang Woo-suk, inculpé en 2006 pour avoir falsifié les résultats de ses travaux sur les cellules souches, les Coréens font preuve d’une dextérité manuelle supérieure à la moyenne, notamment grâce à l’utilisation des baguettes. Dans un registre similaire, le rédacteur en chef d’un quotidien anglais soutient que c’est l’adresse requise pour la préparation du kimchi qui est à l’origine du brio affiché par les golfeuses coréennes ?!

Plus sérieusement, les Coréens considèrent à présent le golf comme un business qui peut rapporter gros. Or, vous le savez mieux que moi, le Pays du Matin Calme n’est pas du genre à prôner le dilettantisme quand il s’agit de réussite économique. Qu’une fillette manifeste quelque aptitude au put et c’est souvent toute la famille qui se mobilise afin d’en faire la reine du swing. Exit l’école, direction les practices où la championne en herbe répètera désormais ses gammes ad nauseam. Pak Se-ri, Ji Eun-hee et beaucoup d’autres ont en commun un paternel qui, selon les critères occidentaux, pourrait aisément passer pour un père fouettard.

Education confucéenne oblige, les petites Coréennes acceptent généralement sans broncher les cadences infernales auxquelles elles sont soumises. Retenue, goût de l’effort et volonté de vaincre leur sont inculqués dès leur plus jeune âge. La golfeuse française Karine Icher déclare à leur sujet : « Elles sont dans leur monde et peuvent rester sur le parcours douze heures par jour (…) Leur principale qualité, c’est sans doute leur calme. Si vous voyez un jour une Coréenne jeter un club d’énervement, appelez-moi ! » Vous pensez sans doute maltraitance et enfance en danger, les Coréens vous rétorquent soutien parental et unité familiale.

Une famille élargie puisque les espoirs les plus talentueux peuvent compter sur les donations de généreux sponsors. Quand vous n’êtes pas encore une machine à dollars et que vos frais professionnels sont pris en charge par une banque ou un opérateur téléphonique, papa et maman se sentent tout de suite beaucoup mieux.

La LPGA ne sait plus quoi faire et fait n’importe quoi

Il n’a fallu qu’une décennie à la Corée du Sud pour devenir la première nation du golf féminin et, le moins que l’on puisse dire, c’est que ce bouleversement de la hiérarchie est loin de plaire à tout le monde. Depuis quelques temps, les joueuses coréennes subissent ainsi le feu de critiques. En vrac :

- Elles sont trop nombreuses (et toutes brunes aux yeux marrons pourrait-on ajouter)

- Elles ne parlent pas anglais (c’est moche pour les interviews)

- Elles ne montrent pas assez leurs émotions (ça endort les téléspectateurs américains)

Bref, elles tuent le LPGA Tour!!!

Dans un sursaut héroïque, l’organisation US a essayé de régler le “problème” l’année dernière en menaçant d’interdire l’accès à ses tournois aux joueuses présentes sur le circuit depuis 2 ans et ne parlant pas anglais. Cette mesure suspecte (restons poli) a suscité une telle controverse qu’elle a été abandonnée.

En guise de représailles, j’encourage les golfeuses du Matin Calme à écraser définitivement la concurrence et à délaisser la langue anglaise au profit … du français par exemple.

sankyo


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