Leonard Chang : la trilogie Allen Choice

pourr12663Allen Choi(ce). N’oubliez pas ce nom, il pourrait bien vous tenir compagnie lors de vos futures soirées hivernales. Elevé par une tante acariâtre à la mort de son père, adolescent rebelle puis étudiant raté, Allen est désormais bodyguard pour les grands pontes de la Silicon Valley. C’est un animal solitaire qui conduit sa vie sans véritable direction, entre apathie et spleen existentiel. Mais le dézinguage de son collègue Paul Baumgartner le tire brusquement de ce qu’il nomme « l’illusion inertielle ». Avec l’aide d’une jeune journaliste aux dents longues, notre anti-héros entreprend de faire toute la lumière sur le meurtre de son binôme. Cette enquête menée tambour battant le plonge progressivement dans les méandres de son propre passé, un passé bourbeux dont les plus noirs secrets vont se révéler les uns après les autres.

A première vue, Pour rien, ou presque, Brûlé et Protection trop rapprochée (1) pourraient aisément passer pour d’indigestes romans de gare. Terrible méprise ! Leonard Chang a du talent et ça se voit : intrigues habilement ficelées, rythme trépidant, le tout servi par une prose nerveuse et sans bavures. On pourrait très bien s’arrêter là mais ce serait passer sous silence la grande réussite de l’œuvre : Allen Choice alias the Block. Personnage atypique que ce garde du corps coréen-américain qui ignore tout de son pays natal et n’y voit pas là une nécessaire tragédie. L’angle ethnique est certes exploité mais sans fanfare et à doses homéopathiques. Car le parcours de Choice ne se résume pas à l’énième crise identitaire d’un immigré partagé entre deux mondes. Non, bien que conditionnées par ses origines, les préoccupations d’Allen dépassent largement le cadre ethnique pour embrasser des thèmes bien plus généraux tels que la famille, les relations humaines ou encore l’engagement. Sensible, faillible et parfois maladroit, the Block trébuche plus souvent qu’à son tour mais ce paumé attachant se relève toujours, cherchant inlassablement sa place dans un monde faisandé (2).

A ceux qui seraient allergiques aux romans policiers : don’t despair. Pour peu que vous maîtrisiez la langue de Shakespeare, il vous reste en effet les autres livres de Leonard Chang (malheureusement non traduits), notamment the Fruit’N Food qui traite des tensions entre les communautés afro-américaine et coréenne-américaine ou encore Crossings qui dépeint le parcours pour le moins tumultueux d’immigrés coréens du côté de Frisco.

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(1) Les anglicistes purs et durs trouveront la trilogie en VO sous les titres suivants : Over the Shoulder, Underkill and Fade to Clear.

(2) Daniel Dae Kim, l’un des héros de Lost,  a acheté les droits de Pour rien ou Presque. On attend donc le film : magnez-vous, les gars!

Aperçu du racisme en Corée

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crédit photo : Carnaval King 08

Bonojit Hussain est indien et enseigne à l’Université de Sungkonghoe à Séoul. Victime d’insultes racistes dans un bus, il a récemment gagné le procès intenté à un certain Mr Park, son agresseur du jour. C’est la première fois en Corée qu’une condamnation ayant pour origine la discrimination raciale est prononcée. Est-ce à dire que le Pays du Matin Calme est d’ordinaire immunisé contre les dérapages xénophobes ? La bonne blague.

La pureté du sang : nous vs eux

Beaucoup de Coréens sont viscéralement attachés à un concept pour le moins suspect : « la pureté du sang ». Il en va selon eux de l’identité et de l’unité nationales. 100% Korean blood, c’est le minimum syndical. Autant dire qu’ils voient d’un très mauvais œil les mariages mixtes et le métissage qui en résulte. A tel point que le Comité des NU pour l’élimination de la discrimination raciale a déclaré que «l’accent mis sur l’homogénéité ethnique en Corée peut représenter un obstacle à la promotion de la compréhension, la tolérance et l’amitié parmi les différents groupes ethniques et nationaux vivant sur son territoire. ». Les partisans du statu quo (on reste groupés les gars) ressortent généralement les manoeuvres impérialistes des pays voisins, notamment l’occupation nipponne de 1910 à 1945, pour justifier leur ouverture d’esprit. Soit. Ils oublient un peu vite, ces petits hommes des cavernes, que parmi le million d’étrangers qui résident en Corée, certains vivent l’enfer au quotidien. Quand on sait que la discrimination raciale est toujours absente de la législation coréenne, on mesure mieux tout le chemin qu’il reste à parcourir.

Le chemin de croix des métis

Ils sont environ 40 000 en Corée. Présence militaire américaine oblige, les métis avaient généralement un père blanc ou noir; on parle désormais de plus en plus des Kosians, ces enfants dont l’un des parents, surtout la mère, est originaire d’Asie du Sud-Est. Un déficit de femmes dans les zones rurales incite en effet un nombre croissant de fermiers coréens à « faire leur marché » dans des pays comme le Vietnam ou les Philippines. Du coup, 15% des nouveaux-nés en Corée sont aujourd’hui issus d’un mariage mixte. Dire que la vie de ces enfants sera pénible relève de l’euphémisme. Dénigrement et pauvreté risquent d’être leurs plus fidèles compagnons de route. Ainsi, 70 % de ceux en âge d’aller au collège ne sont plus scolarisés en raison des brimades dont ils sont victimes. Et une fois adultes, les emplois les plus modestes leur sont généreusement réservés. Sachant que les « mariages internationaux » vont se multiplier dans les décennies à venir, il est urgent que le Pays du Matin Calme prenne conscience que sa société ethniquement homogène se transforme inexorablement en une société multiethnique et multiculturelle et que des mesures radicales s’imposent.

Hines Ward : quand un pestiféré devient roi

Figure de proue des Pittsburgh Steelers, Ward aka « Ketchup » est une star du football américain. Mais avant de connaître gloire et fortune, les premières années de sa vie ont été marquées par l’ostracisme et la honte. Né d’un père afro-américain et d’une mère coréenne, Hines a grandi avec cette dernière à Atlanta. Brocardé toute son enfance en raison de ses origines, rejeté par les deux communautés ethniques auxquelles il appartient, il n’a trouvé son salut que dans la pratique intensive du sport. En 2006, c’est la consécration, il est élu MVP du Super Bowl XL. Peu de temps après, il part avec maman en Corée pour un retour aux sources. Surprise, ceux qui le méprisaient ouvertement l’accueillent tout à coup en héros et le suivent à la trace. Ketchup est fait Citoyen d’honneur de la ville de Séoul, recevant des témoignages énamourés partout où il passe. Une véritable entreprise de récupération success story mais Ward n’a pas oublié les humiliations et surtout, il sait ce que les métis comme lui doivent endurer en Corée.  C’est pourquoi, épaulé par PSBI, il lance dans la foulée la Hines Ward Helping Hand Foundation afin de leur venir en aide.

Un grand Monsieur

On observe aujourd’hui les prémisses d’une mutation. Depuis 2006, l’armée coréenne accueille les métis coréens dans ses rangs (un cadeau empoisonné ?!) et un certain nombre de mesures visant à améliorer leur situation sont actuellement en cours. La Corée doit changer, la Corée va changer. De toute façon, elle n’a pas le choix car sa population vieillit à la vitesse de l’éclair. Le pays aura bientôt besoin d’une forte immigration pour rajeunir ses troupes. En ce début du 21ème siècle, c’est sans doute l’ouverture à la globalisation ethnique et culturelle qui constitue son plus gros défi.

Pour conclure, une petite touche musicale en compagnie de Tasha Reid/Yoon Mi-rae, fille d’un Afro-Américain et d’une Coréenne, et accessoirement rappeuse numero uno en Corée.

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Tasha represents!

La fureur du scalpel

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Les chiffres donnent le vertige. Pensez-donc, 61,5% des Coréennes entre 25 et 29 ans ont eu recours à la chirurgie esthétique. Des injections de botox à la  rhinoplastie, en passant par l’incontournable double paupière, il semblerait que le remodelage du visage et du corps soit devenu un passage obligé pour les femmes du Matin Calme. Un acte aussi banal et nécessaire qu’une manucure ou une épilation en quelque sorte. Mais attention, la gent masculine n’a pas dit son dernier mot. Aujourd’hui, Monsieur Kim n’hésite plus à se faire lifter et liposucer, histoire de retrouver une seconde jeunesse. Exemple notoire, feu Roh Moo-hyon y a été de sa petite blépharoplastie avant de se jeter d’une falaise.

Before/After

Pourquoi une telle hystérie collective?

La culture américaine exerce une fascination sans égale en Corée du Sud. Conséquence logique, le modèle occidental est devenu la référence sur le plan esthétique. Autrement dit, White is Beautiful. Exit les yeux bridés et le nez plat, les Coréens veulent se westerniser le faciès et, richesse économique aidant, ils en ont les moyens.

D’une manière plus générale, après « Taffez jusqu’à ce que mort s’ensuive », la beauté à tout prix est le leitmotiv qui galvanise la péninsule. Sans un physique avantageux, adieu carrière professionnelle florissante, vie sexuelle trépidante et considération de vos prochains. Quand on sait que le conformisme est à la Corée ce que la mauvaise humeur est aux parisiens, étonnez-vous que le troupeau bêlant ait pris d’assaut les cliniques spécialisées. C’est ainsi que de plus en plus d’étudiants se font désormais ravaler la façade afin de maximiser leurs chances dans le monde du travail.

Ce culte de la beauté plastique bénéficie par ailleurs d’ambassadeurs de choc. La plupart des stars d’Hallyu sont en effet des adeptes enthousiastes du bistouri. Kim A-joong et Hwan Hee, pour ne citer qu’eux, ont évolué de manière spectaculaire au fil des ans. L’exemple venant d’en haut, la jeunesse du pays a promptement adopté les mœurs de ses idoles avec, dans bien des cas, l’approbation parentale. Le phénomène ulzzang, qui nous donne un aperçu intéressant du néant, illustre à merveille cette dictature de l’apparence.

Ils sont malades euuu, complètement malades euuu…

Bien sûr qu’ils ne sont pas les seuls à s’être laissé séduire par les sirènes du scalpel. Bien sûr qu’en ce bas-monde, il est préférable de ressembler à une gravure de mode plutôt qu’à une vache laitière. Avouez néanmoins que la banalisation des interventions esthétiques en Corée a de quoi inquiéter. Le pays tout entier semble être sous l’emprise d’une névrose narcissique carabinée. Résultat, l’habit fait tellement le moine que le reste n’a plus guère d’importance. Triste dérive qui risque de perdurer encore un bon moment. En attendant que la pathologie s’essouffle, espérons qu’il n’y ait plus d’autre Mme Mioku pour défrayer la chronique. S’injecter de l’huile de cuisine dans le visage n’était vraiment, mais vraiment pas l’idée du siècle.

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Quand la folie mène au pire


La Corée a une reine : elle s’appelle Kim Yu-na

3393404787_17997d7986Le Pays du Matin Calme en est complètement gaga. Pas une semaine ne passe sans qu’un article n’ausculte à la loupe ses moindres faits et gestes. Il faut dire que Queen Yu-na a tout pour elle : jeunesse, beauté et une virtuosité sans égal sur la glace. La sylphide coréenne est en effet l’actuelle championne du monde de patinage artistique, un titre conquis de la plus brillante des manières au Staples Center de LA en mars dernier. SP ne pouvait décemment pas ignorer ce phénomène plus longtemps.

De toute évidence, le mot précoce a été inventé pour elle. A l’âge de 12 ans ( ?!), Yu-na rafle son premier titre national en senior. S’ensuit une progression régulière avec notamment deux victoires aux Finales du Grand Prix ISU. Son récent sacre mondial confirme tout simplement une ascension irrésistible et programmée; en gros, il y a désormais elle et les autres. Lors de la compétition, Kim a  littéralement atomisé la concurrence, s’offrant même le luxe de dépasser les 200 pts pour la première fois de l’Histoire.

La grâce sous pression

Une guerrière qui ne fait pas dans son tutu

Certes, c’est une surdouée, certes elle peut compter sur la dévotion quasi-obsessionnelle de sa mère, mais ça n’explique pas tout. Kim Yu-na réussit surtout grâce à un mental en béton armé, fruit d’un entraînement spartiate, de sacrifices quotidiens et d’une pression de tous les instants. Quand l’avenir familial dépend de vos performances dès votre plus jeune âge, que votre pays vous demande sans cesse de faire honneur à la patrie, il vaut mieux avoir les épaules solides et le trouillomètre sous contrôle. Question force de caractère, la native de Bucheon n’a de leçon à recevoir de personne. Les blessures ne l’ont en effet guère épargnée depuis ses débuts : genoux, hanches et dos ont morflé à tour de rôle. Ainsi en 2007, c’est une Yu-na diminuée par un début d’hernie discale qui se présente aux Mondiaux de Tokyo. L’affaire semble bien mal engagée mais notre dure à cuire serre les dents et parvient à décrocher le bronze en dépit de la douleur. Qu’on ne s’y trompe pas, derrière ce joli minois se cache une sacrée battante !

L’or olympique et la menace japonaise

Il ne manque plus qu’un titre olympique pour que Kim Yu-na rejoigne Katarina Witt et Michelle Kwang dans la galaxie des légendes du patinage. Les hasards du calendrier peuvent être remerciés puisque les JO d’hiver ont justement lieu dans 6 mois à Vancouver (1). Ce serait néanmoins une grossière erreur de croire que les dés sont déjà jetés. Depuis les juniors, Kim croise régulièrement le fer avec une talentueuse patineuse nippone, j’ai nommé Mao Asada. Celle-ci s’est vautrée lors des derniers Mondiaux mais elle prépare assidûment sa revanche avec la couronne de lauriers en ligne de mire. Kim vs Asada, c’est à nouveau la rivalité Corée/Japon qui est à l’honneur. Yu-na en est pleinement consciente, confiant après sa victoire à LA : « Les Coréens et les Japonais sont blessés dans leur fierté quand ils perdent contre le camp adverse. C’est un fardeau d’être toujours comparée aux athlètes japonaises. Mais je savais que je devais gagner cette compétition, surtout après la défaite de l’équipe de baseball quelques jours plus tôt. » (2). Dieu merci, les deux jeunes patineuses prennent bien soin de ne pas mettre le feu aux poudres, ce qui devrait nous éviter un scandale aussi sordide que l’affaire Tonya Harding.

Pour le moment, Kim peaufine ses nouveaux programmes sur les musiques de James Bond et de Gershwin pendant qu’ Asada travaille l’enchaînement triple axel-triple boucle piqué. Le compte à rebours a commencé : J-178. Un petit conseil, préparez réveil et café serré dans la nuit du 23 au 24 février : un choc de géantes vous attend sur le petit écran.

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Et en plus, elle chante!

(1) Peut-être un signe du destin. Yu-na s’entraîne en effet au Canada, à Toronto plus précisément, sous la férule de l’ancien champion du monde de patinage artistique Brian Orser.

(2) La Corée venait de se faire étriller par le Japon en finale du World Baseball Classic.



Yang Yong-eun s’offre le scalp de Tiger Woods

Non mais pincez-moi, je rêve! Oubliez les 9″58 d’Usain Bolt, ce qui s’est passé hier à Chaska, Minnesota, relève bien davantage du miracle. Le golfeur sud-coréen Yang Yong-eun, 110ème joueur mondial, a en effet remporté l’ USPGA au nez et à la barbe de l’ogre Tiger, privant ce dernier d’un 15ème titre du Grand Chelem. Sans doute vexé par le récent billet de SP tout entier consacré à ses compatriotes féminines, Yang a manifestement voulu frapper les esprits. Mission accomplie avec ce triomphe venu d’ailleurs qui en fait le premier golfeur asiatique à s’imposer dans un Majeur.

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Yang Yong-eun entre dans l’Histoire

Comment pouvait-on le deviner? 37 printemps au compteur, un seul titre sur le PGA Tour (le Honda Classic), il y a plus convaincant comme profil de terreur. D’autant plus que le natif de l’île de Jeju ne s’est mis au golf qu’à 19 ans, un âge canonique pour une discipline aussi technique. Adolescent, YE voulait être bodybuilder mais une vilaine blessure au genou l’a empêché d’assouvir ses rêves de gros muscles. Son éducation golfique s’est fait en solitaire, essentiellement à l’aide de cassettes vidéos. Qu’un autodidacte formé sur le tard parvienne à terrasser la légende des greens dans un Majeur, ça vous donne subitement envie de croire à Rocky et à Cendrillon, non?

Un chip de malade au 14ème trou fait basculer le duel

En Corée du sud, ils sont nombreux à s’être levé à 4 am, heure locale, pour soutenir l’enfant du pays dans son face-à-face final. Le président Lee Myung-bak himself n’a rien manqué de l’évènement. Autant dire que pour notre héros du jour, rien ne sera plus jamais comme avant. En apesanteur après sa victoire il déclarait vouloir inspirer les nouvelles générations de golfeurs coréens. Qui sait? Peut-être que c’est bien lui, Yang Yong-eun, le bodybuilder raté, l’ancien serveur dans une boite de nuit, qui sera l’alter ego masculin de Pak Se-ri.

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Nouvelle Star à la sauce coréenne

Décidément, Pop Idol n’en finit pas d’essaimer. Du Sri-Lanka au Kazakhstan, le célèbre télé-crochet britannique a été adapté avec bonheur dans un nombre impressionnant de pays. En France, tout le monde connaît Nouvelle Star, l’émission phare de M6 qui nous tient en haleine 4 mois sur 12 grâce aux prestations ébouriffantes de ses candidats et à la pertinence de son prestigieux jury. Il ne manquait plus que la Corée pour que le concept mérite pleinement le qualificatif d’international. C’est chose faite avec Superstar K, un show lancé le 24 juillet dernier par la chaine musicale câblée Mnet.  Pas moins de  70 000 candidats motivés comme jamais se sont bousculés aux auditions organisées dans les principales villes coréennes. Autant dire que la mayonnaise a pris, et pas qu’un peu.

Afin de garantir à l’émission une couverture médiatique digne de ce nom, les membres du jury ont été soigneusement choisis : Lee Hyori, In Sooni et Lee Seung-chul font ainsi partie de l’aventure. A titre personnel, je suis particulièrement attentif aux interventions de l’affriolante Hyori dont les attributs retouchés ont notamment contribué à populariser le bronzage au Pays du Matin Calme.

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Hyori aiguise l’appétit

Les premiers épisodes frappent fort, très fort  : cris de détresse, sanglots en cascade, sauts de cabri et bonheur orgasmique nous emportent dans un tourbillon d’émotions qui frisent l’hystérie. Les candidats ne font pas dans la pose, ils donnent tout, Korean way, et ça se voit. En outre, contrairement à la version française, il n’y a pas de limite d’âge. Les prétendants au titre vont donc de Papy Mougeot à Je suce encore mon pouce, ce qui donne à l’ensemble un côté bon enfant et franchement sympathique.

Préparez vos mouchoirs

Le vainqueur de Superstar K touchera la coquette somme de 100 millions de won (environ 56 000 euros) et fera ses débuts musicaux sous la houlette de Mnet Media Management Company. SP ne manquera pas de vous tenir informé du dénouement qui promet d’être épicé, vu la frénésie du démarrage. En attendant de connaître l’identité de la prochaine idole coréenne, rien ne vous empêche d’aller faire un tour sur You Tube, histoire de constater par vous-même la ferveur qui habite l’émission.

sankyo

Les golfeuses coréennes cassent la baraque

spaceball3616019949_520ff76c0cElles déboulent toujours en nombre, gagnent très (trop ?) souvent et sont aussi expressives que des parcmètres : bref elles commencent sérieusement à irriter les dirigeants de la Ladies Professional Golf Association (LPGA) qui se demandent bien comment ils vont pouvoir juguler ce nouveau péril jaune. C’est vrai qu’elles ont tendance à se goinfrer, les kimchi girls. Sur les 18 tournois joués cette année, l’armada coréenne compte déjà 6 victoires dont un Majeur, l’US Open, raflé par Ji Eun-hee. Si l’on ajoute les places d’honneur trustées dans la plupart des compétitions, il n’est pas outrancier de parler d’hégémonie. Une hégémonie sans doute née avec l’éclosion d’une jeune joueuse à la fin des années quatre-vingt-dix.

Pak Se-ri ouvre la voie

Tout le monde le sait, le succès appelle le succès. Rien de tel qu’un(e) champion(ne) national(e) pour entraîner dans son sillage de jeunes pousses aux dents longues. La figure de proue du golf féminin en Corée s’appelle Pak Se-ri. Cette dernière débarque sur le LPGA Tour en 1998 à tout juste 20 ans; pas de période d’adaptation pour la rookie coréenne qui défouraille aussi sec : deux Majeurs dans la musette en l’espace de quelques mois, qui dit mieux ? Après ce départ tonitruant, Pak poursuit sur sa lancée et enchaîne les victoires avec une régularité de métronome. La lassitude et les blessures l’écartent du circuit en 2005 mais c’est regonflée à bloc qu’elle revient l’année suivante pour s’adjuger le LPGA Championship, son dernier Majeur à ce jour. Plus jeune joueuse à avoir été intronisée au World Golf Hall of Fame, Pak est une véritable pionnière en son domaine. Sa réussite convainc rapidement ses compatriotes de venir tenter leur chance sur le circuit américain et lui confère par ailleurs le statut de role model auprès des nouvelles générations. Une bien belle histoire certes, qui n’explique cependant pas le succès des golfeuses du Matin Calme. « Mais bon sang, comment font-elles pour être aussi balèzes ? » vous demandez-vous à juste titre. SP vous livre les fruits de son enquête.

La recette coréenne

Selon le célèbre scientifique Hwang Woo-suk, inculpé en 2006 pour avoir falsifié les résultats de ses travaux sur les cellules souches, les Coréens font preuve d’une dextérité manuelle supérieure à la moyenne, notamment grâce à l’utilisation des baguettes. Dans un registre similaire, le rédacteur en chef d’un quotidien anglais soutient que c’est l’adresse requise pour la préparation du kimchi qui est à l’origine du brio affiché par les golfeuses coréennes ?!

Plus sérieusement, les Coréens considèrent à présent le golf comme un business qui peut rapporter gros. Or, vous le savez mieux que moi, le Pays du Matin Calme n’est pas du genre à prôner le dilettantisme quand il s’agit de réussite économique. Qu’une fillette manifeste quelque aptitude au put et c’est souvent toute la famille qui se mobilise afin d’en faire la reine du swing. Exit l’école, direction les practices où la championne en herbe répètera désormais ses gammes ad nauseam. Pak Se-ri, Ji Eun-hee et beaucoup d’autres ont en commun un paternel qui, selon les critères occidentaux, pourrait aisément passer pour un père fouettard.

Education confucéenne oblige, les petites Coréennes acceptent généralement sans broncher les cadences infernales auxquelles elles sont soumises. Retenue, goût de l’effort et volonté de vaincre leur sont inculqués dès leur plus jeune âge. La golfeuse française Karine Icher déclare à leur sujet : « Elles sont dans leur monde et peuvent rester sur le parcours douze heures par jour (…) Leur principale qualité, c’est sans doute leur calme. Si vous voyez un jour une Coréenne jeter un club d’énervement, appelez-moi ! » Vous pensez sans doute maltraitance et enfance en danger, les Coréens vous rétorquent soutien parental et unité familiale.

Une famille élargie puisque les espoirs les plus talentueux peuvent compter sur les donations de généreux sponsors. Quand vous n’êtes pas encore une machine à dollars et que vos frais professionnels sont pris en charge par une banque ou un opérateur téléphonique, papa et maman se sentent tout de suite beaucoup mieux.

La LPGA ne sait plus quoi faire et fait n’importe quoi

Il n’a fallu qu’une décennie à la Corée du Sud pour devenir la première nation du golf féminin et, le moins que l’on puisse dire, c’est que ce bouleversement de la hiérarchie est loin de plaire à tout le monde. Depuis quelques temps, les joueuses coréennes subissent ainsi le feu de critiques. En vrac :

- Elles sont trop nombreuses (et toutes brunes aux yeux marrons pourrait-on ajouter)

- Elles ne parlent pas anglais (c’est moche pour les interviews)

- Elles ne montrent pas assez leurs émotions (ça endort les téléspectateurs américains)

Bref, elles tuent le LPGA Tour!!!

Dans un sursaut héroïque, l’organisation US a essayé de régler le “problème” l’année dernière en menaçant d’interdire l’accès à ses tournois aux joueuses présentes sur le circuit depuis 2 ans et ne parlant pas anglais. Cette mesure suspecte (restons poli) a suscité une telle controverse qu’elle a été abandonnée.

En guise de représailles, j’encourage les golfeuses du Matin Calme à écraser définitivement la concurrence et à délaisser la langue anglaise au profit … du français par exemple.

sankyo

Parricide sur fond de jeux en ligne

3439053193_ced1fbeb55Les faits divers fourmillent d’histoires macabres. L’une d’entre elles, relatée dans Korea Beat, m’a sorti de ma torpeur estivale. Il y a quelques jours, un jeune Coréen d’une vingtaine d’années a zigouillé sa mère; l’article ne précise pas l’arme du crime mais il ne s’agissait sans doute pas d’une brosse à dents. Motif de l’homicide : le fiston ne supportait plus l’indifférence de maman, une véritable accro des jeux en ligne.

Au pays du haut débit ( 15 millions de foyers dont 12 millions de connectés, 22 000 cybercafés disséminés sur le territoire), l’addiction aux MMOG est devenu un véritable fléau, à tel point que le gouvernement coréen s’est vu obligé de créer tout un réseau de centres de conseils et d’unités hospitalières pour sauver ses nolifes de l’autisme. Des camps de redressement ont également fleuri, histoire de remettre dans le droit chemin les gamers les plus coriaces. Car le problème est réel, surtout parmi les jeunes. Près de 30 % des moins de 18 ans, soit 2,4 millions d’individus seraient des sujets à risque. Tout le monde a d’ailleurs entendu parler de ces quelques fondus qui sont morts devant leur écran, au terme de cyber-marathons.

Ce qui est insolite dans ce triste fait divers, c’est cette inversion des rôles. On se serait davantage attendu à un article du genre : un cyber-junkie assommé par sa mère à coups de laptop/maman pète les plombs et étrangle son geek de fils avec le cordon d’alimentation de l’ordinateur. Eh bien non, l’histoire en question prend nos a priori à rebrousse-poil et démontre que la web-addiction traverse toutes les générations.

Par conséquent, si tu es un pur fêlé de la toile, qui se lave et salue son entourage une fois par mois, fais hyper gaffe, tu pourrais le payer au prix fort.

sankyo

PS : aux célibataires, un petit mot. Votre solitude subie/choisie vous permet de surfer 24/7 en toute quiétude.  Seuls votre dos et vos globes oculaires risquent de vous causer quelques soucis.

La K-pop s’invite au pays de l’Oncle Sam

2583836626_9fcd0b5384_mDésormais solidement implantée sur le continent asiatique, la K-pop lorgne avec gourmandise sur le marché yankee, l’Anapurna des artistes de tous bords. Pour rayonner sur le plan international, une percée dans les charts américains est en effet nettement préférable à une diffusion en boucle sur Radio Jakarta. Encore faut-il avoir un plan bien ficelé pour réussir au pays du hamburger. Se7en, l’icône de la pop coréenne, donne l’impression de tourner en rond depuis qu’il est parti à la conquête du territoire US. Une sortie d’album sans cesse repoussée, un seul titre au compteur après trois années de préparation, on se rapproche dangereusement du pétard mouillé.

Seulement voilà, notre Korean performer n’est pas le seul à pouvoir prétendre à la consécration ultime. Les évènements récents laissent à penser que d’autres poids lourds de la K-pop pourraient bien lui damer le pion.

BoA

Ainsi BoA, la Britney Spears coréenne, s’est-elle également exilée aux Etats-Unis dans le but d’y faire carrière. Pas de retard à l’allumage pour miss « Energetic » dont l’album US, dans les bacs depuis mars dernier, a rapidement trouvé le chemin du Billboard 200 (1). Des débuts prometteurs, auréolés de surcroît d’une récente collaboration avec Akon aka mister je culbute tout ce qui bouge. Eh oui, la Super Méga Star planétaire du R&B a sollicité Beat of Angel pour la reprise d’un single. Eh non, il ne s’agit pas du tendre « I wanna f… you » mais de « Beautiful », un morceau au titre un poil moins direct. Le playboy d’origine sénégalaise a beau traîner une réputation sulfureuse (drogue, taule, polygamie, entre autres), Best of Asia va sans doute gagner en crédibilité auprès du public américain grâce à ce duo.

prochainement dans nos oreilles

Bi-Rain

Une autre pointure de la K-pop se tient en embuscade, l’incontournable Jung Ji-hoon, plus connu sous le nom de Bi (pluie en coréen), Rain ou encore Bi Rain (pluie pluie ?!). Ce dernier est sur le point de sillonner l’Asie en large et en travers avec une tournée sobrement intitulée « Legend of Rain ». Mais c’est avec la sortie du très hollywodien « Ninja Assassin » prévue en novembre et dont il tient le rôle principal que le chanteur/danseur/acteur coréen compte tutoyer les étoiles. Car si le film produit par les créateurs de Matrix s’envole au box-office US, on peut légitimement espérer que la carrière de Pluie version chanteur s’épanouisse comme une fleur sur le sol américain. Avec lui, tout semble possible; lors de son dernier concert à Macao, un ado pas comme les autres est en effet venu l’applaudir, le petit-fils de … Kim Jong-il ! SeoulParis n’hésite donc pas à le clamer haut et fort, Pluie sera l’artisan de la réunification des deux Corées.

un nouveau concept, le Ninja R&B

Les Wonder Girls

Pour le moment, ce n’est ni Se7en, ni BoA, ni Bi Rain qui tient la corde mais un groupe de cinq sémillantes jeunes filles, j’ai nommé les Wonder Girls. Drivé par l’inévitable JYP Entertainment, ce quintet de charme est actuellement en tournée aux Etats-Unis, en première partie des Jonas Brothers. Un véritable conte de fée que la presse sud-coréenne ne se lasse pas de nous narrer par le menu détail. Il faut dire que les Wonder Girls ont droit à un traitement de star : bus XXL mis à leur disposition durant la tournée, invitation au Wendy Williams Show et concert imminent au Staple Center de LA (2). Chapeau bas, mesdemoiselles. D’autant plus qu’à l’occasion de leur prestation à Washington DC, elles ont eu l’insigne honneur de se produire devant la First Lady et ses filles. Oui, fidèle(s) lecteur(s), vous avez bien lu, Michelle, Malia et Sasha Obama ont chaleureusement applaudi le tour de scène de nos héroïnes nationales.  Les mauvaises langues diront que la famille O s’est déplacée pour les Jonas Brothers; qu’ils la mettent donc en sourdine car ils ont sans doute raison.

elles sont jeunes, mignonnes et … jeunes

il faudrait s’appeler Paco Rabanne pour savoir dès à présent ce qu’il va advenir des Wonder Girls et consorts sur le marché US. En tout cas, n’en déplaise aux alarmistes, la K-pop a encore de beaux jours devant elle. Quand on peut faire danser d’un côté le petit-fils de Kim Jong-il et de l’autre les filles du président américain, c’est que tout ne vas pas si mal que ça.

sankyo

(1) La référence en matière de ventes d’albums sur le sol américain.

(2) C’est là que s’est tenue la cérémonie en hommage à Bambi.

Le parlement coréen s’embrase à nouveau

Décidément, les Coréens ne font pas dans la finesse. Pas étonnant qu’ils manquent de savoir-faire en matière de soft power. On les sent beaucoup plus à l’aise quand il s’agit de se mettre sur la gueule en famille. Pour preuve, cet énième pugilat ayant opposé ce matin, heure de Séoul, les députés du Grand National Party (GNP) à ceux du Democratic Party (DP). Une rixe géante, sans gants, ni courbettes, qui a transformé le parlement coréen en un véritable champ de bataille : députés du GNP agrippés au perchoir du président de l’Assemblée, députés du DP bloquant l’accès de l’entrée principale avec des chaises, corps-à-corps virils, plaquages au sol etc.

Bien sûr, on pourrait s’arrêter à ce stade; à une lecture anecdotique de cet événement comme le fait le Figaro et mettre tout ça sur le compte de l’exotisme d’une jeune démocratie lointaine où vit un peuple au sang chaud. Cette lecture ne serait pas totalement fausse mais passerait à côté de l’essentiel.

Car au coeur de la polémique réside une réforme des médias qui donnera la possibilité aux quotidiens et aux chaebol de posséder jusqu’à 30% du capital des chaines de télévision. Pour bien comprendre l’impact de cette réforme, il faut mesurer le poids des quotidiens coréens sur l’opinion publique locale et surtout des trois plus gros d’entre eux: le Chosun Ilbo, le Joongang Ilbo, et le Donga Ilbo. La clique ChoJoongDong, comme l’appelle le camp progressiste.

Ces trois quotidiens tirent chacun à plus ou moins 2 millions d’exemplaires pour une population coréenne inférieure à 50 millions d’habitants (à titre de comparaison, Le Monde tire à moins de 400 000 exemplaires). Vous imaginez donc l’impact d’un éditorial ChoJoongDong sur l’opinion publique : un impact comparable aux JT de 20h cumulés de TF1 et France 2 en France. Bien sûr, on pourrait applaudir devant la vitalité de ces journaux alors que, partout ailleurs, ils souffrent de la concurrence d’Internet, mais le problème c’est que ces trois quotidiens sont conservateurs, tous sans exception, voire ultra-conservateurs. Il y a 25 ans de cela, la seule fonction de leurs comités éditoriaux était de se réunir pour prendre connaissance des instructions envoyées par le gouvernement et ainsi savoir quel sujet traiter en Une (les chaebol et le gouvernement c’est bien, ils nous protègent contre les sales rouges, ils sont partout, faut faire attention) et quel sujet censurer (les mouvements de lutte pro-démocratiques).

Imaginez que les héritiers de ce système là prennent le contrôle des chaînes TV, alors que le web coréen est déjà sérieusement censuré. Un peu comme si en France, l’actualité nous était comptée par Le Figaro, TF1, Valeurs Actuelles et rien d’autres. On comprend alors mieux pourquoi l’opposition crie au scandale et tente d’empêcher par tous les moyens Lee Myung-bak de s’assurer le contrôle des médias.

Médias et politique, politique et médias, cela vous rappelle forcément de récents débats plus proches de nous…

yonggook and sankyo


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