Archive for the 'Sports de combat' Category

KO

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Nom: Sohn; prénom: Tae-jin; âge: 21 ans; nationalité : coréenne ; particularité: médaillé d’or aux Jeux Olympiques de Beijing en 2008. Plus rien à prouver? Si en fait, vu qu’en Corée, ce pays où n’importe quel homme valide accomplit son service militaire et en ressort avec au moins sa 1ère dan de Taekwondo, les espoirs de médaille ne manquent pas dans cet art martial devenu sport de combat puis discipline olympique.

Du coup, Sohn est l’homme à abattre pour tous ses compatriotes de la catégorie très populaire des – de 68kg qui se verraient bien à sa place dans la sélection nationale coréenne. Gloire nationale ou pas, tous les tournois sont donc importants pour Sohn, notamment ce tournoi du Président qui se tient à Ulsan le 22 juillet, tournoi préliminaire de qualification pour la sélection nationale 2010.

Tout se passe bien pour Sohn jusqu’en finale à laquelle il accède en battant 10 (-1 pt de pénalité) à 8 un vétéran, Kim Sae-hyo après des prolongations où il enchaîne un magnifique spin kick (dollyeo chaggi) gauche, coup de pied marteau (naeryeo chikki,) droit. En finale, Sohn (plastron rouge) affronte Park Hyung-jin, devant une audience de 2000 personnes qui le soutiennent en grande majorité, d’autant que lors du 1er round le match est équilibré (2-2), avec un Sohn qui paraît au meilleur de sa forme. « Aérien » diront même quelques spectateurs.

Puis, comme une ultime preuve que le Taekwondo ne supporte pas la moindre seconde d’inattention, le champion olympique se fait surprendre par un coup de pied retourné à la tête (dui hooryeo chaggi) qui surgit de nulle part, alors que depuis le début du 2nd round, les deux adversaires n’avaient pas échangé un seul coup.

Défaite par KO pour Sohn, une humiliation pire que la défaite par les 7 points d’écart qui mettent fin immédiatement au combat. Sans oublier la douleur et les éventuelles séquelles physiques : Sohn mettra plus de 5 minutes à retrouver ses esprits et devra faire un tour à l’hôpital dans la foulée pour effectuer des examens complets.

Au final, plus de peur que de mal (façon de parler, parce qu’on imagine que ça a dû faire bien mal sur le moment) pour Sohn, qui à la sortie de l’hôpital déclarera: « c’est soulageant et rafraîchissant, c’était un coup précis et percutant, j’ai l’impression d’avoir touché le fond du fond : je me suis fait éliminer d’un tournoi préliminaire, j’ai subi un KO, je crois que j’ai subi tout ce que je pouvais subir dans ma carrière. »

Une leçon d’humilité en somme pour un jeune homme au sommet de sa gloire, et qui doit repartir de 0. Finalement, il reste bien quelque chose de l’art martial dans cette discipline olympique.

yonggook

“L’art martial qui fait craquer toutes les nanas.” (wouaf wouaf!)

145962434_2bc03b0428La Fédération Française de Taekwondo et Disciplines Associées (FFTA) m’en bouche un coin avec ce slogan à la fois profond, élégant et rassembleur (1). Une formule tellement brillante qu’elle ne peut être que le fruit d’un brainstorming des plus intenses. En cas de surenchère, imaginez un instant ce qui nous attend la prochaine fois. Il y a donc urgence et je vous conjure de me soumettre rapidement vos suggestions, afin qu’elles soient envoyées au siège de la FFTA dans les plus brefs délais.

Ci-joint quelques propositions, histoire de lancer le jeu :

- Libido en berne : pensez taekwondo !

- L’art martial pour les amateurs de (bons) coups

- Plus efficace que le speed dating, il était une fois le taekwondo

sankyo

(1) Vu dans Karaté Bushido, juin 2009

Akiyama Yoshihiro/Chu Sung-hoon : entre sushi et kimchi

akiyama 2Je l’avais aperçu dans une revue d’arts martiaux. Sa coiffure peroxydée, son bronzage de beach boy et son sourire ultra-bright m’avaient interpellé. « Tiens, un Ken asiatique », avais-je pensé, vaguement agacé par la touche narcissique du bonhomme. Ma curiosité à son égard en était resté là. Et puis récemment, en lisant des articles sur les Zainichi coréens, je suis à nouveau tombé sur lui : Akiyama Yoshihiro, Chu Sung-hoon dans sa version coréenne.

Zainichi signifie littéralement « qui réside au Japon ». On utilise couramment ce terme pour désigner les Coréens installés au Japon car ces derniers constituent la principale communauté étrangère sur le sol nippon. L’annexion de la Corée par le Japon de 1910 à 1945 et les flux migratoires qui en résultèrent expliquent la présence de près d’un million d’individus d’origine coréenne dans la société japonaise. Un tiers d’entre eux a acquis la nationalité nippone mais ce sont tous des Zainichi lato sensu, qu’ils aient demandé leur naturalisation ou pas. En raison du contentieux historique entre le Soleil Levant et le Matin Calme, les Zainichi n’ont pas échappé à toutes sortes de discriminations qui, si elles se sont atténuées avec le temps, n’en demeurent pas moins latentes aujourd’hui.

Akiyama Yoshihiro est un Zainichi de la quatrième génération. Né à Osaka, il grandit dans une famille profondément attachée à la mère-patrie. Très tôt, il se prend de passion pour le judo et nourrit un rêve : représenter la Corée aux Jeux Olympiques. Il part donc à Busan dans le but d’intégrer l’équipe nationale de judo. Mais là-bas, les déconvenues s’accumulent. Chu a beau ipponiser à tout-va, on ne se gêne pas pour lui savonner gentiment la planche. Le Jeil Dongpo (l’équivalent coréen de Zainichi) n’est pas le bienvenu, qu’il retourne donc chez lui au Japon. Terrible désillusion pour Akiyama qui n’avait sans doute pas imaginé une réception aussi fraîche de la part de ses compatriotes. Après trois années de galère, il finit par jeter l’éponge et acquiert la nationalité nippone.

« Chu a rejeté son pays natal »

Octobre 2002, Busan accueille la quatorzième édition des Jeux Asiatiques. Chu revient sur le lieu de ses déboires en tant que membre de l’équipe japonaise en –81kg. Auteur d’un sans-faute, il accède à la finale et conclut son brillant parcours par une victoire sur le représentant de la … Corée. Un tel clin d’œil du destin fait forcément sourire. Les médias coréens, dont l’humour a tendance à partir en fumée quand il s’agit de l’honneur national, dézinguent prestement le « faux frère ». Un journal va même jusqu’à titrer : « Chu a rejeté son pays natal. » C’est le monde à l’envers. Akiyama doit alors se dire que, décidément, les choses ont pris une drôle de tournure. Etre considéré comme un traître à la patrie n’entrait pas nécessairement dans ses plans de jeunesse. Busan, ville maudite !

Celui que les japonais adorent détester

Après une carrière honorable en judo, Chu se lance dans le K-1 en 2004. il s’y montre à son avantage et devient rapidement une figure populaire dans le circuit nippon. Ce qui le distingue notamment du reste de la meute, c’est le judogi qu’il arbore avant et parfois pendant les combats. Le Taegukki est cousu sur une manche, l’Hinomaru sur une autre. Un geste symbolique qui envoie un message clair aux deux pays : le refus de choisir et de se couper d’une partie de lui-même. Un geste risqué quand on connaît la rivalité exacerbée qui régit les relations entre le Japon et la Corée. D’ailleurs, les choses se gâtent le 31 décembre 2006. Ce soir là, Akiyama affronte Sakuraba Kazuchi, l’idole vieillissante du Soleil Levant. L’affrontement se solde par la victoire de Chu mais Sakuraba l’accuse à juste titre de s’être enduit le corps d’un produit lubrifiant juste avant le combat, rendant tout saisie impossible. Akiyama reconnaît s’être hydraté la peau de crème Olay mais se défend d’avoir voulu en tirer un quelconque avantage. Il a beau présenter ses excuses à son malheureux adversaire, le mal est fait. Disqualifié et exclu des compétitions Hero’s pendant quelques mois, il devient tout à coup l’homme à abattre aux yeux du public japonais. En somme, le remake de Busan de l’autre côté de la mer de l’Est.

Chu le pestiféré

Un an jour pour jour après l’affaire Sakuraba, un autre combattant japonais est chargé de corriger le « tricheur coréen ». Il s’appelle Misaki Kazuo et apparaît comme investi d’une mission « sacrée ». Le combat se déroule dans une atmosphère malsaine, saturée de relents nationalistes. Si Chu maîtrise initialement les débats, envoyant même Misaki au tapis d’une belle droite, il se fait surprendre à son tour quelques minutes plus tard. Alors qu’il s’apprête à se relever, les deux poings posés au sol, son adversaire le shoote en pleine tête et le met KO.  C’est une infraction au règlement mais Misaki n’en a cure, qui explose de joie et sermonne sa victime au micro du speaker. Tout occupé à localiser son appendice nasal, Akiyama ne réagit pas aux remontrances de son bourreau et quitte le ring sous les huées de la foule en liesse. La victoire  de Misaki sera finalement transformée en no contest. Il s’agit jusqu’ à présent de la dernière participation de Chu au K-1.

Akiyama short rouge, Misaki short noir : nouvelle controverse

Cap sur l’Amérique

Après ce triste épisode,  Akiyama prend le temps de soigner ses plaies physiques et morales. Ironie du sort, le désamour dont il est victime au Japon le rend populaire dans son pays natal. Emus par l’histoire tumultueuse du Jeil Dongpo, les Coréens finissent par l’adopter et le considérer comme l’un des leurs. Une reconnaissance un peu tardive mais Chu ne boude pas son plaisir, lui qui déclara  après sa naturalisation : “Je ne suis plus coréen mais le sang qui coule dans mes veines l’est.” Depuis quelques mois, il est omniprésent dans les médias coréens, allant jusqu’à apparaître dans Family outing, l’une des émissions phares de SBS. Est-ce à dire que c’en est fini d’Akiyama l’apatride, l’homme blessé qui avoua que sur le podium des Jeux Asiatiques, il avait regardé “l’espace entre les drapeaux japonais et coréen“? Une chose est sûre, il en aura fallu du courage pour avaler autant de couleuvres et rester droit dans ses bottes. Aux dernières nouvelles, Chu a signé un contrat avec l’UFC, l’organisation américaine de free-fight. Il combattra dans l’octogone grillagé le 14 juillet contre Alan Belcher au Mandalay Bay de Las Vegas. Après tout, c’est peut-être loin du Japon et de la Corée, dans le désert du Nevada, qu’Akiyama se sentira enfin at home. L’Amérique, l’Amérique

sankyo

Choi Hong-man: le Godzilla coréen

Choi Hong-man ne peut pas passer inaperçu. Il mesure 2m18 et pèse 165 kilos. Il n’est donc pas tout à fait bâti comme nous. Ancien lutteur de ssireum, la lutte traditionnelle coréenne, notre géant s’est lancé dans le K-1 en 2005. Jusqu’à présent, il n’a pas démérité mais soyons honnêtes, sa boxe est assez monolithique. Ne lui demandez pas de se désaxer ou de balancer des high-kicks pleine poire, il ne sait pas faire. Choi avance sur l’homme en permanence, jouant de son direct du gauche pour placer sa droite. Parfois, un coup de genou vient étoffer son arsenal rudimentaire. Bien sûr, il a une frappe de mule et quand il touche, ça douille en face.

Choi Atomiseur

Mais à côté des cadors actuels du kick-boxing tels que Remy Bonjasky,  Choi alias « Techno Goliath »  ne tient pas la comparaison. Trop lent et prévisible. Comme Akebono et Bob Sapp, il fait partie de ces combattants limités techniquement dont le gabarit hors-norme attire les foules. Le public japonais raffole de ces « monstres de foire », aussi mastoc que les sumotori locaux. Car attention, le kick-boxing a une cote d’enfer au Pays du Soleil Levant et ses champions y jouissent d’un énorme prestige. Plus de 70 000 spectateurs se précipitent chaque année au Tokyo Dôme pour assister à la finale du K-1 Grand Prix. Il s’agit d’un tournoi qui, servi par une mise en scène digne des arènes romaines, désigne le roi des poids lourds. Choi ne sera probablement jamais couronné, lui qui a également tâté du M.M.A (mixed martial arts) sans grand succès. La terreur croate, Mirko CroCop, s’est ainsi chargé de corriger l’intrus en décembre dernier, à coups de low-kicks bien sentis.

Choi atomisé

« J’ai toujours rêvé d’être chanteur. »

Alors fini Choi ? Vous plaisantez, l’homme a plus d’une corde à son arc. Tout d’abord sa carrière pugilistique lui a permis de tourner dans de nombreux spots publicitaires et d’être régulièrement invité dans des shows télévisés. Il est devenu une figure très populaire en Corée du Sud. Mieux encore, sa notoriété lui a ouvert les portes de l’industrie du disque, exauçant ainsi un rêve de jeunesse : « Si je n’étais pas aussi grand, je travaillerais dans le show business (…) J’ai toujours rêvé d’être chanteur. J’aime danser et j’étais un bon danseur quand j’étais étudiant. » Un producteur malin a flairé la bonne affaire et s’est empressé de lui faire signer un contrat. Après Choi le cogneur, voici Choi le rappeur. En duo avec la chanteuse coréenne Kang Soo-hee, on peut désormais admirer le flow de notre amateur de gnons dans un album pop joliment intitulé « La Belle et la Bête. » Du ring à la scène, on imagine déjà l’histoire sur grand écran.

Choi danseur

Choi Hong-man peut prêter à rire mais en fin de compte, son attitude candide et décomplexée est plutôt sympathique. Espérons néanmoins qu’il aura travaillé autre chose que ses cordes vocales ces dernières semaines car il remonte sur le ring demain dans le cadre d’un tournoi M.M.A, le Super Hulk Tournament. Good luck Techno Goliath !

sankyo


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주문진,18,2009

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